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L'expérience de la gouvernance : marque de commerce d'un comité consultatif efficace

Par Normand Hétu

Toute personne qui siège, ou est approchée pour siéger, à un comité consultatif est fière de pouvoir contribuer au succès de l’entreprise et de son entrepreneur. Cette personne exprime la volonté de s’engager fermement à l’atteinte des résultats visés et d’y apporter toutes ses connaissances, expériences et expertises.

Elle s’attend également à devoir les partager avec d’autres personnes qui auront été sélectionnées, elles aussi, selon des bases communes. Cependant au moment du recrutement et de la mise en place du comité, peu d’indices sont offerts pour bien percevoir les critères qui peuvent guider le choix des personnes.

Dans le cadre du présent bulletin, nous désirons partager avec vous certains critères pouvant être utilisés. Comme le succès, la réussite sont au cœur de cet engagement, nous avons jugé approprié de nous inspirer des critères utilisés par un des plus éminents investisseurs de notre ère : Warren Buffett et Berkshire Hathaway. Il serait difficile de critiquer le rendement obtenu par ces derniers. Gérant un fonds d’investissement imposant ainsi que des entreprises à succès ; quels sont les critères qu’ils utilisent lors de la sélection de leurs administrateurs ? Bien que des distinctions méritent d’être prises en compte pour bien démarquer les règles régissant les CA et le comité consultatif(CC), ces critères sont suffisamment universels et fondés sur une logique pouvant s’appliquer indifféremment à l’un ou l’autre.

Que nous dit Warren Buffett ?

Tout d’abord que lui, et surement tout entrepreneur, se concentre sur une activité hautement spécialisée consistant à bien diriger une entreprise, conséquemment à constamment rechercher des avis d’affaires éclairés.(we are in the specialized activity of running a business well, and therefore we seek business judgment.)

À cet égard, Warren Buffett juge que la qualité la plus difficile à trouver est celle qui concerne l’expérience et  la connaissance des affaires –ce qu’en anglais on identifie comme « business savvy ».  Comme la base principale est d’obtenir des avis d’affaires éclairés, cette qualité est essentielle, avant toute autre. La personne sélectionnée doit être en mesure d’offrir de tels avis. Selon Buffett, il ne suffit pas d’être intelligent, articulé ou admiré. Il faut surtout bien saisir les rouages des affaires. Ce qui n’enlève en rien la très grande valeur de ces caractéristiques pour quiconque n’en connait pas les rouages. Cependant, ceci ne le rend pas totalement apte à siéger au sein d’un CA ou d’un CC.

Parmi les autres critères qui sont recherchés, l’un d’eux revêt une très grande importance : l’indépendance complète « truly » . Ce critère fait référence à plusieurs aspects dont notamment la rétribution et la volonté (capacité) d’affronter « challenge » un entrepreneur des plus convaincants, lorsque requis. Pour Buffett, lors-qu’appliqué aux administrateurs de sociétés, il juge que les vrais administrateurs indépendants ne sont pas légion; considérant l’importance de leur rémunération à titre d’administrateur, souvent supportée par des conseillers externes en rémunération.

Pour un comité consultatif cette réalité bien que moins souvent présente peut tout de même se retrouver dans cette même forme ou par des contrats de service pouvant être convenus. Cette pratique devrait être encadrée et tout contrat exiger que le membre se retire de ses fonctions au sein du comité. Il n’est plus indépendant.

Au cœur même du comité pour un entrepreneur se retrouvent la volonté et la capacité pour chacun des membres de faire valoir la contribution pour laquelle il a été sélectionné et de s’assurer que tous les points de vue ont été considérés par l’entrepreneur dans son processus de prise de décision. C’est au cœur du mandat : la connaissance des affaires et la diversité de points de vue.

Les autres critères retenus par Warren Buffet concernent principalement l’intérêt que doit porter le membre du comité à l’entreprise, son ou ses dirigeant(s), au défi proposé et à la réussite. Ces thèmes ont maintes fois été abordés, mais conservent toujours leur actualité. C’est ce qui constitue l’essence même du comité, de ses échanges et de sa dynamique.

Quant à la diversité, peu importe sa dimension, cette valeur doit constamment être recherchée, mais non comme une fin en soi, mais comme un atout indéniable à la dynamique et à sa performance. Personne ne voudrait être sélectionné en fonction de cette valeur, ou voir un autre membre être sélectionné pour cette valeur spécifique.

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